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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 18:19

CONFESSIONS

 

 

 

"Dans des verts foncés,  d'autres plus clairs ou plus pâles, les branches se démêlent et se débattent parmi la multitude des arbres qui occupent la place.  De ma fenêtre,  ils sont comme des vagues mouvantes,  inondantes,  incontrolées : il y a des pins,  des saules,  des platanes;  ils se dressent,  s'érigent ou se rabattent.  Ils me rappellent des femmes,  des moments,  des bonheurs,  ils me rappellent leur mouvement,  leurs jupes,  leurs cheveux.  Je me souviens que j'ai été avec elles,  que je les ai touchées,  que je voulais être sincère,  qu'elles pouvaient êtres belles.  J'avais des illusions.  J'ai compris qu'elles aussi avaient eu des illusions.  Les illusions n'étaient pas des illusions de bonheur égoïste.  Ni les miennes, ni les leurs.  Ce sont des illusions du devoir accompli et des choses qui auraient été comme elles devaient,  comme disait ma mère,  Maman.  Les illusions,  la désillusion du fruit que l'on attend du travail accompli mais qui ne termine jamais,  toujours à recommencer,  quand le prix de ce travail jamais n'arrive comme on l'espère,  qu’il se fait attendre,  désirer,  tant qu'il faut de soi-même aller le chercher,  le rechercher,  le poursuivre avec amertume,  tant d'amertume que le prix perd toute récompense s'il arrive,  sans saveur,  sans la saveur espérée,  avec une autre saveur,  celle de la frustration,  de l'injustice,  de la tromperie et cela… s'il arrive !  Sinon,  c'est la révolte intime,  la conviction que quelque part quelqu'un a menti.

 

 

 

 

 

  Mais je parle de la désillusion de l'idéal,  je parle du monde,  de la planète des hommes !  Parler de la révolution,  de celle que tous et toutes nous pouvions espérer;  celle des hommes justes dans un monde meilleur,  celle de l'effort et du sacrifice pour la reconstruction,  celle de l'œuvre de l'homme et de la femme,  rois de l'univers,  prolongeant le travail de la création.  Et celle de l'amour,  repos du guerrier et de la guerrière insouciants du confort social et de la commodité bourgeoise.  Celle de l'amour dépassant,  surmontant les pièges et les craintes,  amour décidé et enraciné dans la volonté de refaire le monde !  Voilà le mensonge.  Voilà le but.  Gratuité de l'amour ou de l'immaturité bloquée sur l'espoir : la haine.  Quelle volonté de dépassement et d'entendement est-il nécessaire de démontrer pour cela ?  Et si nous ne sommes que des hommes,  pourquoi nous en bercer si longtemps et torturer nos enfants de nos rêves déçus ?   Qu'est-il advenu de mes illusions ?  Où et quand ai-je perdu et pourquoi ?  De cette chambre où mon infirmité nouvelle m'a cloué,  piégé dans un monde de robots où je ne suis même plus un être humain,  sans droit ni même à la parole,  est-ce cela mon destin ?  Suis-je déjà une branche morte sur le chemin ?

 

 

 

 

 

  Jour après jour,  entre mon travail et la gymnastique,  je rumine sur notre rôle,  je cherche,  entre les hommes,  l'image reflétée de leur victoire: je les vois riches,  je me vois pauvre.  Là sont leurs maisons,  leurs voitures,  leurs villas,  leurs jardins.  Est-ce là,  cette victoire ambitionnée ?  La catégorie sociale ?  La vie citadine,  les affaires,  le grand commerce,  son inévitable corruption,  les intérêts provoqués par l'argent et son pouvoir ?  Une heure par semaine à la piscine et la partie de golf ?  Est-ce cela,  notre combat ?  Luttons-nous vraiment pour la création d'emplois ?  Pour assurer le pain à nos enfants,  leur formation et leurs idéaux de demain ?  N'acceptons-nous pas le jeu absurde du capitalisme trop vite sauvage avec toutes les amertumes que cela nous rapporte ?  N'existe-t-il que la dialectique de la marginalisation ?  Sommes-nous vraiment tous condamnés à la vieillesse ingrate,  au déssèchement du fruit ?  Ou sommes-nous capables d'autre chose,  de cet idéal justement dont ils berçaient nos enfances ?  Évolution et maturité au prix de notre orgueil et de la simplicité..."

Les Chemins de l'Aurore,  p 26

 

 

 

 

 

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Published by VICTOR KHAGAN - dans victorkhagan
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commentaires

Victor 31/01/2013 17:19


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Yasmine 07/12/2009 20:07


Merci pour ton passage en mes mots. Très peu de temps pour moi en ce moment mais je ne manquerai pas de passer ici pour m'insufler quelques lueurs.

A bientôt,

Yasmine


Humildad 05/02/2008 13:54

Ces mots, il me dissents long, ils me touchent au plus proffond de mon âme, quoi dire..si non qu'il à ressons...l'âme est en peine, pourra l'homme un jour...se guerir de ce mal  qui le ronge ?

ariane 26/10/2007 09:00

je n'ai lu que ce petit extrait mais chaque mot me parle, au-delà des mots.
 

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