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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 21:44

Membre de l’association Zéromacho qui s’associe à la lutte pour l’abolition de la prostitution, sous la direction de Florence Montreynaud, je suis fan du 3° mouvement féministe égalitaire.

Comme survivant de l’inceste et de la pédocriminalité, je dis souvent que je suis heureux d’avoir vécu ces horreurs qui m’ont permis de découvrir (très lentement du fait du déni) et d’évaluer le statut fait aux femmes de par le monde, Notre Monde, mais aussi aux enfants, depuis le fond des âges.
Des femmes sont constamment l’objet de violences physiques et sexuelles, de maltraitance, d’abus graves faits à leur dignité et à leur identité, de soumission forcée et, osons le mot, d’esclavage, notamment via la prostitution.

Les années que j’ai consacrées à la solidarité envers d’autres victimes comme moi d’inceste et de pédocriminalité, m’ont enseigné que les victimes peuvent parfois subir leur calvaire dans un déni inconscient de par les manipulations culturelles du milieu mais aussi par ce que l’on définit en psychologie par le terme d’homéostasie.  C’est ainsi que j’ai rédigé et publié une littérature qui prétend faire ressortir, au travers de poèmes, de nouvelles, de romans, d’articles ou d’essais, ces héroïnes ou ces héros « rebelles homéostasiques» (voir note en bas de page).


Ces victimes, conscientes ou inconscientes de l’être devenues un jour de leur enfance ou de leur adolescence, de par la maltraitance physique et/ou sexuelle, survivent comme elles le peuvent en dehors souvent de toute assistance psychologique et elles deviennent, selon les chiffres, jusqu’à 80% des SDF ou jusqu’à 85% des prostituées et des prostitués.

L’ayant vécu dans mes chairs et au plus profond de mon psychisme, je sais que les humiliations et l’avilissement ne se mesurent pas facilement et que les survivantes et survivants souffrent longtemps du syndrome de Stockolm, non seulement dans leurs liens relationnels mais aussi dans leur lien à eux-mêmes ou à elles-mêmes. Les chemins de l’aurore et de la liberté sont très souvent le parcours d’une existence entière.

Grâce aux moyens de communications actuels, nous découvrons les systèmes féroces et patriarcaux mis en place pour l’exploitation des femmes mais aussi des enfants qu’on asservit à partir de leur isolement, de leur faiblesse, de leur situation économique, etc., et tous les moyens sont bons - y compris les religions, pour esclavagiser des êtres qu’on méprise pour justifier son pouvoir sur eux.
Comme je le mentionne, ceci a toujours existé dans notre Histoire et ceci a justifié tout autant l’esclavage des hommes que celui des femmes et des enfants.

Car la base du système est l’usage de la violence, morale, physique et/ou sexuelle.
Au sein d’organisation de soutien et de solidarité envers les victimes d’agressions sexuelles, gérées principalement par des femmes, où j’avais été admis comme survivant moi-même (et je pense que mes témoignages sont assez clairs là-dessus mais je possède des aveux signés du bourreau principal), j’ai néanmoins été l’objet à plusieurs reprises d’insultes grossières et répétées et de sexisme non dissimulé par des femmes en dérive.

Je me suis longtemps tu là-dessus du fait que, comme homme, je ressentais l’abjection des crimes machistes envers les femmes de toutes les catégories sociales et que j’avais été formé très tôt à exercer sur moi-même une grande culpabilisation (éducation religieuse, manipulation mentale de la part de pervers).
Il ne se passe pas une seconde de chacune de mes journées qui me permette d’oublier les horreurs quotidiennes que des humains exercent sur d’autres humains et, plus encore depuis que mes enfants ont donné le jour à trois petites filles mais aussi à un petit garçon tout aussi vulnérables les unes que l’autre, dans l’innocence de leur âge.
Je souscris à toutes les revendications des féministes et je les lis très régulièrement, notamment les témoignages de personnes très dignes et très estimables, sorties ou non de la prostitution.

Je pourrais citer une longue liste de féministes de ce 3° mouvement ou des précédents que je lisais avec passion et dont certaines d’entre elles ont fait de la prison ou ont été persécutées pour l’audace de revendiquer leurs droits d’êtres humains à part entière.
Il est tout à fait acceptable et normal que des femmes du monde entier s’en prennent aux hommes d’hier et d’aujourd’hui comme responsables et complices du statut qui leur est fait car le système social régnant est encore toujours machiste, patriarcal et sans aucun doute pervers lui-même.
La domination est en effet l’enjeu : ce n’est pas une simple boutade que l’on dise que les hommes ont peur des femmes.

Ils les craignent réellement dans leur existence quotidienne et ils les craignent dans la perspective d’une puissance féministe montante, comme des vagues océanes qui mobilisent des forces insoupçonnables. Lorsqu’on a peur, on tente de réduire l’image de l’ennemi ou de l’agresseur, on la déforme en l’amplifiant ou en la ridiculisant. On peut aussi insulter l’ennemi potentiel pour tenter de l’effrayer, on le méprise, on lui dresse un tas d’embuscades, de pièges, d’embûches. Et de ce fait, on devient méprisable soi-même en s’abaissant à des comportements vils et indignes.
J’ai dès lors une admiration infinie pour les féministes égalitaires qui mettent en avant leur noblesse, une volonté de partage pacifique et constructive, une attitude où elles prennent et assument des risques dans leur existence personnelle et dans leur projet de vie, donc dans le sens que ce projet peut apporter à leur vie. Il s’agit là d’une incroyable leçon d’humanité, une démonstration d’humanisme qui doit faire pâlir tout le système de domination masculine.


Comme ex-victime et comme témoin déterminé, je veux et j’ai le droit à prendre ma place et à porter ma parole. Ma parole et ma condition me donnent le droit et le devoir d’un avertissement important ou d’un rappel qui sera inutile pour nombre de ces personnes engagées jusqu’à l’héroïsme dans ces luttes : ce dont nous souffrons toutes et tous, sur cette planète, dans Notre Monde, c’est de la violence.


Certaines femmes utilisent la violence, le rappeler n’est pas une trahison machiste ni le calcul pervers d’un père séparé de sa famille. Je ne soutiens aucune des associations de « papas », de la même manière que je ne m’en suis jamais pris à une femme qui m’aurait agressé de n’importe quelle manière que ce soit.
Utiliser la grotesque image du péché originel dû à une femme dénommée Ève ou attribuer aux femmes tous les maux du monde sous le nom de l’une d’entre elles, que ce soit Ève ou Pandora (Pandorre), les affubler des pires vices et, à ce titre, les obliger à circuler recouvertes des pieds à la tête sous prétexte qu’elles seraient les origines de toutes les tentations, c’est, à nouveau, abject, grotesque, dangereux, irresponsable, nul.
Mais retourner contre « les hommes en général et par essence » de tels systèmes ne peut que nuire à cette grande révolution pacifique mais déterminée à laquelle je me joins corps et âme. Estimer que, dans un conflit entre une femme et un homme, l’homme est forcément pervers et la femme jamais, c’est tout autant, une erreur de jugement.

Les tribunaux sont pleins de pervers autant entre les avocats qu’entre les magistrats mais tous les « hommes de loi » ne sont pas pourris et toute généralisation restera toujours abusive.  D’ailleurs, il y a entre eux comme dans la médecine, de plus en plus de femmes. Donc, trancher en privilégiant une femme face à un homme n’est pas une solution que les féministes égalitaires revendiquent et pardonnez à un homme d’oser le dire et de s’exprimer,  en lui concédant non seulement le bénéfice du doute mais aussi la présomption d’innocence, un principe de base de la démocratie dans le cadre de laquelle nous prétendons toutes et tous évoluer, pour le progrès et la liberté.

Il est odieux que le patriarcat ait sans cesse rejeté les fautes sur les femmes simplement en tant que telles, il serait odieux que des femmes fassent de même.
Il est risqué de rendre toujours les autres ou quelqu’un d’autre responsables de tout ce qui nous arrive. Nous sommes toutes et tous citoyennes et citoyens du monde, Notre Monde.

Notre monde, comme aime à le rappeler Boris Cyrulnik, c’est aussi le chaos, un certain chaos dans lequel nous voulons mettre de l’ordre pour donner un sens à notre vie. Et ceci est bien.


Lorsque j’ai perdu pied au plus profond d’une noire et longue dépression, j’ai découvert que je n’étais pas une personne anormale, que les victimes d’agressions sexuelles continues dans l’enfance sont malheureusement légions au travers des siècles et de la planète. Cela ne m’a pas empêché d’en rechercher les causes et d’analyser les processus mais cela m’a aidé à me reprendre en mains, à me réapproprier mon existence, à passer du mode survie au mode partage, à me montrer digne et battant pour l’image d’un père face à ses enfants et petits-enfants. Mais également à me faire respecter par les proches qui avaient dénié et écrasé de silence les dommages et les traumatismes que j’avais subis, d’exiger justice.


Je sais toutes les réformes qu’il est plus que temps d’installer partout pour que les femmes soient respectées et j’en parle tous les jours, où que je sois. Pareil pour les enfants. Néanmoins, aucune victime n’a le droit de s’approprier la violence ou de la justifier en disant simplement « ce sont quand même tous des salauds » sur la même note que de très nombreux « pauvres types » disent des femmes « ce sont toutes des salopes » et, croyez-moi, ils pensent pareil de leur propre mère.

 

De la même manière, on ne peut excuser les crimes d’une mère envers ses enfants (quels que soient ces crimes), en disant simplement que son comportement est hérité des diktäts culturels du patriarcat : car c’est justement les arguments que des avocats véreux utilisent pour blanchir les violeurs.

Ceci dit, reprenons, toutes et tous, les armes contre ce patriarcat pervers et contre son associé le machisme veule. Mais unissons nos forces, pour celles et ceux qui le veulent, entre femmes et hommes « de bonne volonté » (…c’est culturel !!).  Je hais le patriarcat qui m’a immolé, je ne supporte pas le machisme qui rend vulnérables chacune des femmes que j’apprécie ou que j’aime de tout mon cœur et les autres aussi. Je connais bien nos ennemis dont certains m’ont menacé, y compris de mort, et je m’en glorifie.
Car on ne peut vivre en disant « ni sans elles ni avec elles, ni sans eux ni avec eux». La nature est faites de mâles et de femelles, de femmes et d’hommes, et l’existence restera toujours un combat, que nous le veuillons ou non. Au plus fort de ce combat, nous avons des alliées et des alliés, des amies et des amis, les reconnaître dans la confiance est un apprentissage et une force que nous ne pouvons négliger.


Victor Khagan – décembre 2013

Savez-vous ce que sont des rebelles homéostasiques ? Ce sont des personnes, enfants, adolescents, adultes, filles ou garçons, pour qui la promesse de vivre libres aura toujours été vaine : ils ont été tellement manipulés et pompés qu'ils sont devenus d'éternels rebelles …mais tellement conditionnés, trompés et battus, tellement violés mentalement et physiquement, donc prisonniers, qu'ils ne pourront jamais se dégager des fers qui enserrent leur intime volonté, leurs réflexes, leur subconscient. (vk)

« Tout se passe comme si la réaction homéostasique n’était qu’un moyen journalier de conservation de notre liberté, efficace contre les variations banales et de faible amplitude du milieu extérieur. Dès que l’organisme est l’objet d’agressions graves et, de ce fait, exceptionnelles, les mécanismes d’homéostasie, les seuls qu’il soit actuellement capable d’utiliser, deviennent inopérants ou fonctionnent de façon déréglée.
(..)
« Nous pensons qu’il est indispensable, dans l’étude des réactions de l’organisme humain à l’agression, de toujours avoir présentes à l’esprit ces notions : elles nous permettent de le situer par rapport au milieu et à sa place dans l’échelle animale et de comprendre les données cliniques et physio-biologiques, aussi bien que les conclusions thérapeutiques concernant les états de choc. »
(Henri Laborit – 1952 – Réaction organique à l’agression et choc)

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Published by VICTOR KHAGAN - dans victorkhagan
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