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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 19:04

BRASSINEIl faut faire savoir aux survivantes et survivants d’agressions qu’une thérapie existe depuis plusieurs années, qui vise à éradiquer les sentiments de honte et de culpabilité (distorsions cognitives) et ceci SANS DOULEUR !!

Et ceci afin que les victimes arrêtent de se faire torturer dans des thérapies classiques : celles-ci sont déjà interdites en Californie pour les victimes de traumas !  Aux USA, des psy peuvent aller en prison et/ou payer des indemnisations à des victimes qu’ils ont revictimisées sans avoir désensibilisé lesdits traumas.

Cette thérapie annule très rapidement ces sentiments de honte et de culpabilité, distorsions cognitives avec lesquelles les victimes se chargent spontanément lors du choc causé par l’agression. La disparition de ces distorsions cognitives signale la réussite de la thérapie.

Qui osera réaliser une vraie prévention avec les enfants ?  Qui ose aller rendre visite à une famille au sein de laquelle existent des suspicions d’abus et comment faire pour que la situation se dévoile ?

INTERVENTION ÉCOLOGIQUE DANS L’INCESTE sur le site http://www.imheb.be

Détection et intervention : « PRÉVENIR, DÉTECTERET GÉRER LES ABUS SEXUELS » de Gérald Brassine (Institut Milton H Erickson de Belgique).

La société, par son mutisme ou son manque de courage au moment de sanctionner les pédocriminels (intrafamiliaux ou non), LES FAVORISE.

Lesvictimes soignées en quelques séances deviennent CAPABLES de porter plainte etd’agir. Les autres restent souvent longtemps dans la terreur (consciente ou non) et, surtout, dans le sentiment d’une responsabilité de ce dont ELLES ONT BRASSINEÉTÉ VICTIMES !

Chaque mois sont formés de nouveaux psychothérapeutes aux techniques de cette thérapie sans douleur (Psychothérapie du Trauma Réassociative) : parmi ces thérapeutes, nombreux sont eux-mêmes d’anciennes victimes d’agressions !

Que les victimes aient le courage de faire le pas vers la libération psychique de l’ostracisme que leur famille leur réserve souvent, en plus du cynisme démontré par des autorités religieuses, cela aidera toutes les autres à accéder à pareille libération. 

Pourquoi ?  Notamment parce que le pouvoir que les gens d’Église dans leur ensemble ont acquis sur la population est incommensurable encore aujourd’hui, au défi de tout esprit de démocratie et au défi des concepts définis par la Charte des Droits Humains et par la Charte des Droits de l’Enfant, à la Convention de Genève. 

Le prestige de l’Eglise et son pouvoir temporel sont un puissant rouleau compresseur social et cette inertie de force se fait ressentir dans les décisions que certains politiques et certains magistrats prennent face aux crimes que l’Église catholique s’entête à vouloir couvrir par narcissisme ou par d’autres sentiments de type autocratique. 

De nombreux magistrats commencent à réagir positivement lorsqu’ils ont devant eux des plaignants qui osent la parole, après avoir pu faire tomber les cadenas mis en place par les agresseurs, et parmi eux, il y a aussi d’anciennes victimes  …maisaussi des prédateurs, attention !!

Néanmoins, la victime survivante, libérée et forte, devient capable et désireuse de dénoncer.  Il s’agit de briser les vieilles croyances : quand des évêques proclament publiquement que 80% des crimes incestueux sont localisés dans l’entourage familial, ils omettent de dire que le pourcentage d’agressions sexuelles au sein de l’Église est supérieur à celui de la société civile (J.Jay College Report).

L’agression sexuelle par des personnes appartenant à l’environnement culturel et familial, et dont le prestige est renforcé par leur pouvoir moral ou par des croyances religieuses de la famille, ou lorsqu’un clerc est lui-même lié par des liens de sang, est tout à fait assimilable à de l’inceste.

Les magistrats en charge de ces dossiers doivent être mis au courant de ces liens et de la manière dont les prédateurs ont pris le pouvoir sur la victime. Attention aux psy timorés qui minimisent, réduisent les impacts de l’agression. Attention aux psy qui,  pour toutes sortes de très mauvaises raisons, tentent de protéger des prédateurs (âge, respectabilité, pouvoir).

Les fortes inerties au sein des familles effrayées par la perspective d’un scandale en leur sein qui ruinerait leur réputation, peuvent être déjouées par une technique très simple décrite dans ce livret.

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 18:25

VICTIMISATION

Je désire approfondir la question alentour de ces personnes dont on remet en question l’honnêteté dans la perspective des abus de l’aide sociale et des indemnités payées durant des années à des personnes suspectées d’être des profiteurs du système social (sans pour autant remettre en question qu’il y ait effectivement des personnes assez effrontées pour le faire).

Lorsqu’il s’agit vraiment de victimes de maltraitances (violences et /ou agressions sexuelles souvent continues) dans l’enfance, je suis en mesure d’assurer que la dévalorisation personnelle peut atteindre des abîmes insondables. Il ne s’agit d’ailleurs plus de dévalorisation mais de destruction approfondie de l’identité, de l’essence humaine elle-même.

De nombreux livres de victimologie reprennent ces cas et insistent aussi sur cet aspect. Dans certaines familles dysfonctionnelles, la destruction psychique de certains enfants devient, plus souvent qu’on ne l’imagine, une organisation systématique. La violence physique est souvent ajoutée à des appropriations incestueuses à tel point qu’on peut se demander si ces comportements ne servent tout simplement pas qu’au plaisir de soumettre et d’esclavagiser l’enfant.

Les romans de Charles Dickens semblent d’une autre époque où l’inconfort matériel accentuait le ton misérabiliste mais il ne faudrait pas se tromper là-dessus : la présence des électro-ménagers, de l’eau courante et du chauffage central, ne modifie pas les comportements humains et le fait de vivre en Occident ne réduit pas la perversité de certains parents, géniteurs ou non, qui dissimulent souvent sous un vernis social prestigieux une âme plus noire que les démons  dostoïevskiens.

Il faut aussi compter avec la résurgence des traumas à des âges adultes, du SSPT (Syndrome de Stress Post Traumatique) et les états dépressifs ou les dépressions cliniques qui s’installent, avec à la clé justement, des phobies mais aussi une vulnérabilité psychique avec laquelle de nombreuses victimes survivent dans des équilibres miraculeux entre le désir de survie et la tentation omniprésente du suicide.

J’imagine que les psychologues qui pratiquent depuis de longues années l’écoute de victimes diverses peuvent juger de l’à-propos de mon intervention. Les traumas peuvent s’accumuler au long d’une existence, comme le livre Les sources de la honte de Vincent de Gaulejac  (chez Desclée de Brouwer - ISBN 2-220-03823-8 – 1996) l’indiquait déjà : différentes sources de honte s’accumulent à partir d’origines éventuellement éparses pour former une sorte de kyste de honte qui, se mêlant à une culpabilisation à son paroxysme, rendent l’individu socialement indigne à ses propres yeux, définitivement incapable de tout apprentissage ou de toute réinsertion sociale.

Là-dessus viendront se greffer différentes affections d’ordre viscéral, particulièrement si la victime a subi des agressions sexuelles incestueuses : dans ce cas, les médicaments ne sont plus efficaces et les symptômes ne renvoient même pas à des lésions avérées (ou pas encore). Cela semble toujours peu crédible au regard de personnes bien portantes qui ont, de manière bien compréhensible, beaucoup de mal à percer ou à évaluer la réalité de tels états de qualité de vie.

Il est plus facile de comprendre qu’un tétraplégique ou qu’un polio ne puisse se rendre au travail ou sortir de chez lui et certaines / certains me diront peut-être « on ne va pas comparer ! » Et pourtant, l’invalidité psychique peut être davantage handicapante qu’une invalidité physique. Des malades ou des blessés me l’ont affirmé comme tel. Même si la question n’est pas de mesurer qui souffre le plus : il est évident que le ressort peut être lié autant à la forme physique qu’au moral d’une personne.

En attendant, je pense que nous ne pouvons jamais préjuger des capacités positives ni des invalidités de qui que ce soit. Dans la mesure où nous accueillons des personnes en détresse, il est préférable d’éviter de sanctionner ou de revictimiser un/e survivant/e qui vienne nous demander de l’aide. Que nous soyons trompé/es au passage ne blessera que légèrement notre amour-propre et nous ne sommes pas chargé/es de faire la police.

Tout ce que je sais, c’est qu’un criminel qui abuse d’un enfant ou viole une femme, a lui (elle) toujours la liberté de se retenir et de ne pas commettre son crime, surtout la première fois qu’il le fait, même en ayant été violé et abusé (comme je l’ai été moi-même) dans l’enfance.

Victor Khagan 2014

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 10:12

Hello, all --
Today, I met a young man named Troy.
Troy comes from New Orleans, where his family lived through the devastation of Hurricane Katrina. He couldn't read until he was twelve, and would regularly cut school because the other students would tease him. When he did attend, he'd shove desks, start fights -- anything to get him out of class.
But then Troy saw his younger siblings start down a similar path. And he decided to make a change. He connected with his fifth-grade teacher, and enrolled in a program called the Urban League College Track. With the support of College Track and his teachers, he worked hard and made his way into high school -- and today, he's a sophomore at Bard College, studying American Literature.
There are a lot of kids like Troy out there -- kids with all the potential in the world -- but far too many of them are slipping through the cracks. They're not making their way to college -- maybe because their parents never went, or because they've never been encouraged to believe they could succeed there.
It's on all of us to help change that.
That's why today, Barack and I hosted college and university presidents, business leaders, philanthropists, and representatives from organizations around the country who are helping more of our kids see their potential and pursue their education. They're helping them navigate the financial aid and college admissions process. They're working with them to find schools that match their ability and interests. And they've made real, concrete commitments to help make college a reality for more kids.
And here's the thing: You don't have to be a university president or an executive to do that. There is something that each and every one of us can do in our communities to help make sure our kids realize their potential and make their way into higher education. That could mean having a conversation with a young neighbor or a relative, serving as a mentor, or volunteering at a local high school to help students fill out their college applications.
So I'm asking you today to make a commitment of your own -- and learn more about the commitments that universities and organizations from around the country are making, too.
I'm passionate about helping our young people because I see my story in theirs.
Neither of my parents graduated from college, but they always encouraged me to pursue my education and told me that college was possible. And I know that there are so many kids out there just like me: kids who have a world of potential but need some encouragement and support to make it through college.
That's why I was so inspired by some of the commitments I learned about today.
Universities are taking steps like helping underserved students with financial literacy, or finding innovative ways for academic advisors to better support students who could use a helping hand. And many colleges are working with organizations like the Posse Foundation to give kids the social and academic support they'll need to graduate.
These kinds of programs aren't just good for these young people. They're good for all of us. Because after everything these kids will have overcome to get to college -- and get through college -- they'll have all the skills they need to thrive in our businesses, and law firms, and labs. And that's not just good for them and their families, it's good for their communities and our country. That's why Barack is working every single day to expand opportunities to every single young person in America. And that's why we're working to rally the country around his "North Star" goal – that by 2020, America will once again have the highest proportion of college graduates in the world.
Reaching that goal begins with each of us doing our part as parents, students, educators, and citizens.
We can all help a young person realize his or her potential, so I hope you'll learn more about the commitments that organizations and schools around the country are making -- and then make a commitment of your own:
http://www.whitehouse.gov/share/college-opportunity
Thanks in advance for everything you will do on behalf of America's young people.
First Lady Michelle Obama

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 21:44

Membre de l’association Zéromacho qui s’associe à la lutte pour l’abolition de la prostitution, sous la direction de Florence Montreynaud, je suis fan du 3° mouvement féministe égalitaire.

Comme survivant de l’inceste et de la pédocriminalité, je dis souvent que je suis heureux d’avoir vécu ces horreurs qui m’ont permis de découvrir (très lentement du fait du déni) et d’évaluer le statut fait aux femmes de par le monde, Notre Monde, mais aussi aux enfants, depuis le fond des âges.
Des femmes sont constamment l’objet de violences physiques et sexuelles, de maltraitance, d’abus graves faits à leur dignité et à leur identité, de soumission forcée et, osons le mot, d’esclavage, notamment via la prostitution.

Les années que j’ai consacrées à la solidarité envers d’autres victimes comme moi d’inceste et de pédocriminalité, m’ont enseigné que les victimes peuvent parfois subir leur calvaire dans un déni inconscient de par les manipulations culturelles du milieu mais aussi par ce que l’on définit en psychologie par le terme d’homéostasie.  C’est ainsi que j’ai rédigé et publié une littérature qui prétend faire ressortir, au travers de poèmes, de nouvelles, de romans, d’articles ou d’essais, ces héroïnes ou ces héros « rebelles homéostasiques» (voir note en bas de page).


Ces victimes, conscientes ou inconscientes de l’être devenues un jour de leur enfance ou de leur adolescence, de par la maltraitance physique et/ou sexuelle, survivent comme elles le peuvent en dehors souvent de toute assistance psychologique et elles deviennent, selon les chiffres, jusqu’à 80% des SDF ou jusqu’à 85% des prostituées et des prostitués.

L’ayant vécu dans mes chairs et au plus profond de mon psychisme, je sais que les humiliations et l’avilissement ne se mesurent pas facilement et que les survivantes et survivants souffrent longtemps du syndrome de Stockolm, non seulement dans leurs liens relationnels mais aussi dans leur lien à eux-mêmes ou à elles-mêmes. Les chemins de l’aurore et de la liberté sont très souvent le parcours d’une existence entière.

Grâce aux moyens de communications actuels, nous découvrons les systèmes féroces et patriarcaux mis en place pour l’exploitation des femmes mais aussi des enfants qu’on asservit à partir de leur isolement, de leur faiblesse, de leur situation économique, etc., et tous les moyens sont bons - y compris les religions, pour esclavagiser des êtres qu’on méprise pour justifier son pouvoir sur eux.
Comme je le mentionne, ceci a toujours existé dans notre Histoire et ceci a justifié tout autant l’esclavage des hommes que celui des femmes et des enfants.

Car la base du système est l’usage de la violence, morale, physique et/ou sexuelle.
Au sein d’organisation de soutien et de solidarité envers les victimes d’agressions sexuelles, gérées principalement par des femmes, où j’avais été admis comme survivant moi-même (et je pense que mes témoignages sont assez clairs là-dessus mais je possède des aveux signés du bourreau principal), j’ai néanmoins été l’objet à plusieurs reprises d’insultes grossières et répétées et de sexisme non dissimulé par des femmes en dérive.

Je me suis longtemps tu là-dessus du fait que, comme homme, je ressentais l’abjection des crimes machistes envers les femmes de toutes les catégories sociales et que j’avais été formé très tôt à exercer sur moi-même une grande culpabilisation (éducation religieuse, manipulation mentale de la part de pervers).
Il ne se passe pas une seconde de chacune de mes journées qui me permette d’oublier les horreurs quotidiennes que des humains exercent sur d’autres humains et, plus encore depuis que mes enfants ont donné le jour à trois petites filles mais aussi à un petit garçon tout aussi vulnérables les unes que l’autre, dans l’innocence de leur âge.
Je souscris à toutes les revendications des féministes et je les lis très régulièrement, notamment les témoignages de personnes très dignes et très estimables, sorties ou non de la prostitution.

Je pourrais citer une longue liste de féministes de ce 3° mouvement ou des précédents que je lisais avec passion et dont certaines d’entre elles ont fait de la prison ou ont été persécutées pour l’audace de revendiquer leurs droits d’êtres humains à part entière.
Il est tout à fait acceptable et normal que des femmes du monde entier s’en prennent aux hommes d’hier et d’aujourd’hui comme responsables et complices du statut qui leur est fait car le système social régnant est encore toujours machiste, patriarcal et sans aucun doute pervers lui-même.
La domination est en effet l’enjeu : ce n’est pas une simple boutade que l’on dise que les hommes ont peur des femmes.

Ils les craignent réellement dans leur existence quotidienne et ils les craignent dans la perspective d’une puissance féministe montante, comme des vagues océanes qui mobilisent des forces insoupçonnables. Lorsqu’on a peur, on tente de réduire l’image de l’ennemi ou de l’agresseur, on la déforme en l’amplifiant ou en la ridiculisant. On peut aussi insulter l’ennemi potentiel pour tenter de l’effrayer, on le méprise, on lui dresse un tas d’embuscades, de pièges, d’embûches. Et de ce fait, on devient méprisable soi-même en s’abaissant à des comportements vils et indignes.
J’ai dès lors une admiration infinie pour les féministes égalitaires qui mettent en avant leur noblesse, une volonté de partage pacifique et constructive, une attitude où elles prennent et assument des risques dans leur existence personnelle et dans leur projet de vie, donc dans le sens que ce projet peut apporter à leur vie. Il s’agit là d’une incroyable leçon d’humanité, une démonstration d’humanisme qui doit faire pâlir tout le système de domination masculine.


Comme ex-victime et comme témoin déterminé, je veux et j’ai le droit à prendre ma place et à porter ma parole. Ma parole et ma condition me donnent le droit et le devoir d’un avertissement important ou d’un rappel qui sera inutile pour nombre de ces personnes engagées jusqu’à l’héroïsme dans ces luttes : ce dont nous souffrons toutes et tous, sur cette planète, dans Notre Monde, c’est de la violence.


Certaines femmes utilisent la violence, le rappeler n’est pas une trahison machiste ni le calcul pervers d’un père séparé de sa famille. Je ne soutiens aucune des associations de « papas », de la même manière que je ne m’en suis jamais pris à une femme qui m’aurait agressé de n’importe quelle manière que ce soit.
Utiliser la grotesque image du péché originel dû à une femme dénommée Ève ou attribuer aux femmes tous les maux du monde sous le nom de l’une d’entre elles, que ce soit Ève ou Pandora (Pandorre), les affubler des pires vices et, à ce titre, les obliger à circuler recouvertes des pieds à la tête sous prétexte qu’elles seraient les origines de toutes les tentations, c’est, à nouveau, abject, grotesque, dangereux, irresponsable, nul.
Mais retourner contre « les hommes en général et par essence » de tels systèmes ne peut que nuire à cette grande révolution pacifique mais déterminée à laquelle je me joins corps et âme. Estimer que, dans un conflit entre une femme et un homme, l’homme est forcément pervers et la femme jamais, c’est tout autant, une erreur de jugement.

Les tribunaux sont pleins de pervers autant entre les avocats qu’entre les magistrats mais tous les « hommes de loi » ne sont pas pourris et toute généralisation restera toujours abusive.  D’ailleurs, il y a entre eux comme dans la médecine, de plus en plus de femmes. Donc, trancher en privilégiant une femme face à un homme n’est pas une solution que les féministes égalitaires revendiquent et pardonnez à un homme d’oser le dire et de s’exprimer,  en lui concédant non seulement le bénéfice du doute mais aussi la présomption d’innocence, un principe de base de la démocratie dans le cadre de laquelle nous prétendons toutes et tous évoluer, pour le progrès et la liberté.

Il est odieux que le patriarcat ait sans cesse rejeté les fautes sur les femmes simplement en tant que telles, il serait odieux que des femmes fassent de même.
Il est risqué de rendre toujours les autres ou quelqu’un d’autre responsables de tout ce qui nous arrive. Nous sommes toutes et tous citoyennes et citoyens du monde, Notre Monde.

Notre monde, comme aime à le rappeler Boris Cyrulnik, c’est aussi le chaos, un certain chaos dans lequel nous voulons mettre de l’ordre pour donner un sens à notre vie. Et ceci est bien.


Lorsque j’ai perdu pied au plus profond d’une noire et longue dépression, j’ai découvert que je n’étais pas une personne anormale, que les victimes d’agressions sexuelles continues dans l’enfance sont malheureusement légions au travers des siècles et de la planète. Cela ne m’a pas empêché d’en rechercher les causes et d’analyser les processus mais cela m’a aidé à me reprendre en mains, à me réapproprier mon existence, à passer du mode survie au mode partage, à me montrer digne et battant pour l’image d’un père face à ses enfants et petits-enfants. Mais également à me faire respecter par les proches qui avaient dénié et écrasé de silence les dommages et les traumatismes que j’avais subis, d’exiger justice.


Je sais toutes les réformes qu’il est plus que temps d’installer partout pour que les femmes soient respectées et j’en parle tous les jours, où que je sois. Pareil pour les enfants. Néanmoins, aucune victime n’a le droit de s’approprier la violence ou de la justifier en disant simplement « ce sont quand même tous des salauds » sur la même note que de très nombreux « pauvres types » disent des femmes « ce sont toutes des salopes » et, croyez-moi, ils pensent pareil de leur propre mère.

 

De la même manière, on ne peut excuser les crimes d’une mère envers ses enfants (quels que soient ces crimes), en disant simplement que son comportement est hérité des diktäts culturels du patriarcat : car c’est justement les arguments que des avocats véreux utilisent pour blanchir les violeurs.

Ceci dit, reprenons, toutes et tous, les armes contre ce patriarcat pervers et contre son associé le machisme veule. Mais unissons nos forces, pour celles et ceux qui le veulent, entre femmes et hommes « de bonne volonté » (…c’est culturel !!).  Je hais le patriarcat qui m’a immolé, je ne supporte pas le machisme qui rend vulnérables chacune des femmes que j’apprécie ou que j’aime de tout mon cœur et les autres aussi. Je connais bien nos ennemis dont certains m’ont menacé, y compris de mort, et je m’en glorifie.
Car on ne peut vivre en disant « ni sans elles ni avec elles, ni sans eux ni avec eux». La nature est faites de mâles et de femelles, de femmes et d’hommes, et l’existence restera toujours un combat, que nous le veuillons ou non. Au plus fort de ce combat, nous avons des alliées et des alliés, des amies et des amis, les reconnaître dans la confiance est un apprentissage et une force que nous ne pouvons négliger.


Victor Khagan – décembre 2013

Savez-vous ce que sont des rebelles homéostasiques ? Ce sont des personnes, enfants, adolescents, adultes, filles ou garçons, pour qui la promesse de vivre libres aura toujours été vaine : ils ont été tellement manipulés et pompés qu'ils sont devenus d'éternels rebelles …mais tellement conditionnés, trompés et battus, tellement violés mentalement et physiquement, donc prisonniers, qu'ils ne pourront jamais se dégager des fers qui enserrent leur intime volonté, leurs réflexes, leur subconscient. (vk)

« Tout se passe comme si la réaction homéostasique n’était qu’un moyen journalier de conservation de notre liberté, efficace contre les variations banales et de faible amplitude du milieu extérieur. Dès que l’organisme est l’objet d’agressions graves et, de ce fait, exceptionnelles, les mécanismes d’homéostasie, les seuls qu’il soit actuellement capable d’utiliser, deviennent inopérants ou fonctionnent de façon déréglée.
(..)
« Nous pensons qu’il est indispensable, dans l’étude des réactions de l’organisme humain à l’agression, de toujours avoir présentes à l’esprit ces notions : elles nous permettent de le situer par rapport au milieu et à sa place dans l’échelle animale et de comprendre les données cliniques et physio-biologiques, aussi bien que les conclusions thérapeutiques concernant les états de choc. »
(Henri Laborit – 1952 – Réaction organique à l’agression et choc)

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 17:27

 

Une pétition de CHANGE.ORG
http://chn.ge/IGiLUS

 

Ces derniers mois, l'étendue de la surveillance de masse est devenue notoriété publique . De quelques clics de souris, l'État  peut accéder à votre portable, à votre adresse e-mail, à vos réseaux sociaux et à vos recherches sur Internet. Il peut suivre vos penchants et vos activités politiques et, en partenariat avec des sociétés de l'Internet, il recueille et stocke vos données et il peut donc prédire votre consommation et vos comportements.
Le pilier fondamental de la démocratie est l'intégrité inviolable de l'individu. L'intégrité humaine s'étend bien au-delà du corps physique.  Dans leurs pensées et dans leurs environnements personnels et de communication, tous les êtres humains ont le droit à une intimité sans encombre.
Ce droit fondamental est rendu caduc par l'abus de l'évolution technologique par les États et par les sociétés organisées à des fins de surveillance de masse.
Une personne placée sous surveillance n'est plus libre;  une société sous surveillance n'est plus une démocratie.  Pour rester valides, nos droits démocratiques doivent s'appliquer aussi bien dans le virtuel que dans le concret.
* La surveillance viole la sphère privée et compromet la liberté de pensée et d'opinion.
* La surveillance des masses traite chaque citoyen comme un suspect potentiel.  Elle remet en question un de nos triomphes historiques : celui de la présomption d'innocence .
* La surveillance rend l'individu transparent, tandis que l'État et la société fonctionnent dans le secret. Comme nous l'avons vu, ce pouvoir est systématiquement abusif .
* La surveillance est un vol.  Ces données ne sont pas un bien public : elles nous appartiennent.  Quand elles sont utilisées pour prédire notre comportement, nous sommes spoliés d’autre chose : du principe de la libre volonté, essentiel à la liberté démocratique .
NOUS EXIGEONS LE DROIT pour tous les peuples à déterminer, comme citoyens démocratiques, dans quelle mesure leurs données personnelles peuvent être légalement collectées, stockées et traitées et par qui;  d'obtenir des informations sur l'endroit où leurs données sont stockées et comment elles sont utilisées;  d’obtenir la suppression de leurs données si elles ont été illégalement recueillies et stockées.
NOUS APPELONS TOUS LES ÉTATS ET SOCIÉTÉS à respecter ces droits.
NOUS APPELONS TOUS LES CITOYENS à se lever en défense de ces droits.
NOUS APPELONS LES NATIONS UNIES à reconnaître l'importance centrale de la protection des droits civils de l'ère numérique et de créer une Charte internationale des droits numériques.
NOUS APPELONS LES GOUVERNEMENTS à signer et à adhérer à une telle convention. .
 

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 18:35

Membre de l’association Zéromacho qui s’associe à la lutte pour l’abolition de la prostitution, sous la direction de Florence Montreynaud, je suis fan du 3° mouvement féministe égalitaire.

Comme survivant de l’inceste et de la pédocriminalité, je dis souvent que je suis heureux d’avoir vécu ces horreurs qui m’ont permis de découvrir (très lentement du fait du déni) et d’évaluer le statut fait aux femmes de par le monde, Notre Monde, mais aussi aux enfants, depuis le fond des âges.

Des femmes sont constamment l’objet de violences physiques et sexuelles, de maltraitance, d’abus graves faits à leur dignité et à leur identité, de soumission forcée et, osons le mot, d’esclavage, notamment via la prostitution.

Les années que j’ai consacrées à la solidarité envers d’autres victimes comme moi d’inceste et de pédocriminalité, m’ont enseigné que les victimes peuvent parfois subir leur calvaire dans un déni inconscient de par les manipulations culturelles du milieu mais aussi par ce que l’on définit en psychologie par le terme d’homéostasie. C’est ainsi que j’ai rédigé et publié une littérature qui prétend faire ressortir, au travers de poèmes, de nouvelles, de romans, d’articles ou d’essais, ces héroïnes ou ces héros « rebelles homéostasiques». (voir note en bas de page)

Ces victimes, conscientes ou inconscientes de l’être devenues un jour de leur enfance ou de leur adolescence, de par la maltraitance physique et/ou sexuelle, survivent comme elles le peuvent en dehors souvent de toute assistance psychologique et elles deviennent, selon les chiffres, jusqu’à 80% des SDF ou jusqu’à 85% des prostituées et des prostitués.

L’ayant vécu dans mes chairs et au plus profond de mon psychisme, je sais que les humiliations et l’avilissement ne se mesurent pas facilement et que les survivantes et survivants souffrent longtemps du syndrome de Stockolm, non seulement dans leurs liens relationnels mais aussi dans leur lien à eux-mêmes ou à elles-mêmes. Les chemins de l’aurore et de la liberté sont très souvent le parcours d’une existence entière.

Grâce aux moyens de communications actuels, nous découvrons les systèmes féroces et patriarcaux mis en place pour l’exploitation des femmes mais aussi des enfants qu’on asservit à partir de leur isolement, de leur faiblesse, de leur situation économique, etc., et tous les moyens sont bons - y compris les religions, pour esclavagiser des êtres qu’on méprise pour justifier son pouvoir sur eux.

Comme je le mentionne, ceci a toujours existé dans notre Histoire et ceci a justifié tout autant l’esclavage des hommes que celui des femmes et des enfants. Car la base du système est l’usage de la violence, morale, physique et/ou sexuelle.

Au sein d’organisation de soutien et de solidarité envers les victimes d’agressions sexuelles, gérées principalement par des femmes, où j’avais été admis comme survivant moi-même (et je pense que mes témoignages sont assez clairs là-dessus mais je possède des aveux signés du bourreau principal), j’ai néanmoins été l’objet à plusieurs reprises d’insultes grossières et répétées et de sexisme non dissimulé par des femmes en dérive.

Je me suis longtemps tu là-dessus du fait que, comme homme, je ressentais l’abjection des crimes machistes envers les femmes de toutes les catégories sociales et que j’avais été formé très tôt à exercer sur moi-même une grande culpabilisation (éducation religieuse, manipulation mentale de la part de pervers).

Il ne se passe pas une seconde de chacune de mes journées qui me permette d’oublier les horreurs quotidiennes que des humains exercent sur d’autres humains et, plus encore depuis que mes enfants ont donné le jour à trois petites filles mais aussi à un petit garçon tout aussi vulnérables les unes que l’autre, dans l’innocence de leur âge.

Je souscris à toutes les revendications des féministes et je les lis très régulièrement, notamment les témoignages de personnes très dignes et très estimables, sorties ou non de la prostitution. Je pourrais citer une longue liste de féministes de ce 3° mouvement ou des précédents que je lisais avec passion et dont certaines d’entre elles ont fait de la prison ou ont été persécutées pour l’audace de revendiquer leurs droits d’être humains à part entière.

Il est tout à fait acceptable et normal que des femmes du monde entier s’en prennent aux hommes d’hier et d’aujourd’hui comme responsables et complices du statut qui leur est fait car le système social régnant est encore toujours machiste, patriarcal et sans aucun doute pervers lui-même.

La domination est en effet l’enjeu : ce n’est pas une simple boutade que l’on dise que les hommes ont peur des femmes. Ils les craignent réellement dans leur existence quotidienne et ils les craignent dans la perspective d’une puissance féministe montante, comme des vagues océanes qui mobilisent des forces insoupçonnables. Lorsqu’on a peur, on tente de réduire l’image de l’ennemi ou de l’agresseur, on la déforme en l’amplifiant ou en la ridiculisant. On peut aussi insulter l’ennemi potentiel pour tenter de l’effrayer, on le méprise, on lui dresse un tas d’embuscades, de pièges, d’embûches. Et de ce fait, on devient méprisable soi-même en s’abaissant à des comportements vils et indignes.

J’ai dès lors une admiration infinie pour les féministes égalitaires qui mettent en avant leur noblesse, une volonté de partage pacifique et constructive, une attitude où elles prennent et assument des risques dans leur existence personnelle et dans leur projet de vie, donc dans le sens que ce projet peut apporter à leur vie. Il s’agit là d’une incroyable leçon d’humanité, une démonstration d’humanisme qui doit faire pâlir tout le système de domination masculine.

Comme ex-victime et comme témoin déterminé, je veux et j’ai le droit à prendre ma place et à porter ma parole. Ma parole et ma condition me donnent le droit et le devoir d’un avertissement important ou d’un rappel qui sera inutile pour nombre de ces personnes engagées jusqu’à l’héroïsme dans ces luttes : ce dont nous souffrons toutes et tous, sur cette planète, dans Notre Monde, c’est de la violence.

Certaines femmes utilisent la violence, le rappeler n’est pas une trahison machiste ni le calcul pervers d’un père séparé de sa famille. Je ne soutiens aucune des associations de « papas », de la même manière que je ne m’en suis jamais pris à une femme qui m’aurait agressé de n’importe quelle manière que ce soit.

Utiliser la grotesque image du péché originel dû à une femme dénommée Ève ou attribuer aux femmes tous les maux du monde sous le nom de l’une d’entre elles, que ce soit Ève ou Pandora (Pandorre), les affubler des pires vices et, à ce titre, les obliger à circuler recouvertes des pieds à la tête sous prétexte qu’elles seraient les origines de toutes les tentations, c’est, à nouveau, abject, grotesque, dangereux, irresponsable, nul.

Mais retourner contre « les hommes en général et par essence » de tels systèmes ne peut que nuire à cette grande révolution pacifique mais déterminée à laquelle je me joins corps et âme. Estimer que, dans un conflit entre une femme et un homme, l’homme est forcément pervers et la femme jamais, c’est tout autant, une erreur de jugement.

Les tribunaux sont pleins de pervers autant entre les avocats qu’entre les magistrats mais tous les « hommes de  loi » ne sont pas pourris et toute généralisation restera toujours abusive. D’ailleurs, il y a entre eux comme dans la médecine, de plus en plus de femmes. Donc, trancher en privilégiant une femme face à un homme n’est pas une solution que les féministes égalitaires revendiquent et pardonnez à un homme d’oser le dire et de s’exprimer, en lui concédant non seulement le bénéfice du doute mais aussi la présomption d’innocence, un principe de base de la démocratie dans le cadre de laquelle nous prétendons toutes et tous évoluer, pour le progrès et la liberté.

Il est odieux que le patriarcat ait sans cesse rejeté les fautes sur les femmes simplement en tant que telles, il serait odieux que des femmes fassent de même.

Il est risqué de rendre toujours les autres ou quelqu’un d’autre responsables de tout ce qui nous arrive. Nous sommes toutes et tous citoyennes et citoyens du monde, Notre Monde. Notre monde, comme aime à le rappeler Boris Cyrulnik, c’est aussi le chaos, un certain chaos dans lequel nous voulons mettre de l’ordre pour donner un sens à notre vie. Et ceci est bien.

Lorsque j’ai perdu pied au plus profond d’une noire et longue dépression, j’ai découvert que je n’étais pas une personne anormale, que les victimes d’agressions sexuelles continues dans l’enfance sont malheureusement légions au travers des siècles et de la planète. Cela ne m’a pas empêché d’en rechercher les causes et d’analyser les processus mais cela m’a aidé à me reprendre en mains, à me réapproprier mon existence, à passer du mode survie au mode partage, à me montrer digne et battant pour l’image d’un père face à ses enfants et petits-enfants. Mais également à me faire respecter par les proches qui avaient dénié et écrasé de silence les dommages et les traumatismes que j’avais subis, d’exiger justice.

Je sais toutes les réformes qu’il est plus que temps d’installer partout pour que les femmes soient respectées et j’en parle tous les jours, où que je sois. Pareil pour les enfants. Néanmoins, aucune victime n’a le droit de s’approprier la violence ou de la justifier en disant simplement « ce sont quand même tous des salauds » sur la même note que de très nombreux « pauvres types » disent des femmes « ce sont toutes des salopes » et croyez-moi, ils pensent pareil de leur propre mère. De la même manière, on ne peut excuser les crimes d’une mère envers ses enfants (quels que soient ces crimes), en disant simplement que son comportement est hérité des diktäts culturels du patriarcat : car c’est justement les arguments que des avocats véreux utilisent pour blanchir les violeurs.

Ceci dit, reprenons, toutes et tous, les armes contre ce patriarcat pervers et contre son associé le machisme veule. Mais unissons nos forces, pour celles et ceux qui le veulent, entre femmes et hommes « de bonne volonté » (c’est culturel !!). Je hais le patriarcat qui m’a immolé, je ne supporte pas le machisme qui rend vulnérables chacune des femmes que j’apprécie ou que j’aime de tout mon cœur et les autres aussi. Je connais bien nos ennemis dont certains m’ont menacé y compris de mort et je m’en glorifie.

Car on ne peut vivre en disant « ni sans elles ni avec elles, ni sans eux ni avec eux ». La nature est faite de mâles et de femelles, de femmes et d’hommes, et l’existence restera toujours un combat, que nous le veuillons ou non. Au plus fort de ce combat, nous avons des alliées et des alliés, des amies et des amis, les reconnaître dans la confiance est un apprentissage et une force que nous ne pouvons négliger.

Victor Khagan   décembre 2013

 

 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 20:20

Les Chemins de l'Aurore (roman I) - Pacifico (roman II suite du I)- Tangakamanu (poèmes) - Contradictions d'une Civilisation (essai) - Au nom de l'Amour (échange virtuel) - Courte Biographie de Gumersindo Garcia (nouvelles) - Journal d'un Survivant Clandestin (30 articles) - Pas de Panique chez les Pélicans du Dakota (poèmes)

  

Savez-vous ce que sont des rebelles homéostasiques ? Ce sont des personnes, enfants, adolescents, adultes, filles ou garçons, pour qui la promesse de vivre libres aura toujours été vaine : ils ont été tellement manipulés et pompés qu'ils sont devenus d'éternels rebelles …mais tellement conditionnés, trompés et battus, tellement violés mentalement et physiquement, donc prisonniers, qu'ils ne pourront jamais se dégager des fers qui enserrent leur intime volonté, leurs réflexes, leur subconscient. (vk) 

 

« Tout se passe comme si la réaction homéostasique n’était qu’un moyen journalier de conservation de notre liberté, efficace contre les variations banales et de faible amplitude du milieu extérieur. Dès que l’organisme est l’objet d’agressions graves et, de ce fait, exceptionnelles, les mécanismes d’homéostasie, les seuls qu’il soit actuellement capable d’utiliser, deviennent inopérants ou fonctionnent de façon déréglée.

« Nous avons choisi la liberté journalière au prix d’un risque plus grand : l’Homme (les humains – ndlr) vit dangereusement. Nous sommes libres mais dans la prison de nos possibilités réactionnelles alors que les êtres inférieurs sont esclaves du monde, à des degrés divers, suivant le degré-même de leur évolution.

« En ce qui nous concerne, on a pu même dire que nous n’étions que des homéothermes dégénérés : nous perdons en effet de plus en plus nos possibilités réactionnelles car notre  intelligence nous fournit les moyens d’éloigner de nous certaines de ces agressions. Nous savons de moins en moins réagir, par exemple au froid, à la fatigue musculaire, au traumatisme, à la douleur, …, car nous avons imaginé pour nous en protéger, le vêtement et le chauffage, les moyens de locomotion, les analgésiques…

« Nous pensons qu’il est indispensable, dans l’étude des réactions de l’organisme humain à l’agression, de toujours avoir présentes à l’esprit ces notions : elles nous permettent de le situer par rapport au milieu et à sa place dans l’échelle animale et de comprendre les données cliniques et physio-biologiques, aussi bien que les conclusions thérapeutiques concernant les états de choc. »

(Henri Laborit – 1952 – Réaction organique à l’agression et choc)   

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 17:23

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CHER QUI ?         II      (Quarante ans après..)

 

Lorsque trois adultes savent réciproquement de leur existence et de la maltraitance qu’ils exercent contre un enfant, psychologiquement et physiquement, d’une part, affectivement d’autre part, et sexuellement pour le troisième,  et qu’ils sont donc ainsi tacitement complices des destructions qu’ils exercent individuellement et en connaissance de cause sur cet enfant, le meurtre psychique est, de manière hallucinante, bien défini.

Dès l’âge de 4 ans, victime de violences physiques, je vivais dans un climat de terreur qui n’est allé qu’en croissant, du fait d’avoir une maman qui, de par les abus subis dans l’enfance, refusait de toucher, d’embrasser puis, surtout, de protéger son fils.

Suis-je en fait le fruit d’un viol ?  Ma maman qui aimait déjà un autre homme, a cru devoir respecter l’exigence, de son mari, de lui faire un fils…  Lorsque j’ai lu Hervé Bazin, j’ai découvert ma maman dans les traits de son héroïne, Folcoche. Ma mère était Folcoche.  J’ai dû grandir avec ça : abandon affectif, refoulement et interdiction des sentiments : nos sentiments étaient interdits car les siens lui étaient interdits !

Cette errance qui est ainsi très tôt devenue mon CV, m’a alors conduit à la portée d’un prédateur sexuel.  Était-il le premier ?  Il ne sera pas le seul…  J’avais huit ans, j’étais un petit garçon maigrelet et mal habillé, soumis dans la crainte et en recherche constante d’un sourire qui me confirmerait la valeur de mon existence. Un des nombreux psychologues ou psychiatres consultés au long des années me disait : « Un enfant, même à huit ans, n’accepte pas une agression sexuelle s’il n’a pas déjà vécu, de la part d’adultes ayant autorité, un climat incestuel.. ». Me concernant, il n’avait pas tort.

Quatre ans après, des circonstances me permettent de dévoiler l’abjection subie mais le criminel - qui avoue - n’est ni puni ni suspendu ni expulsé ni jugé : il continuera son œuvre maudite.  Ce monstre est protégé par d’autres monstres, assassins de l’Enfance, liés à l’Église.  Quant à moi, je tombe malade et je manque l’école durant trois mois. Mais ma maladie n’a pas de nom, elle est niée.  Comme le sera ma TS beaucoup plus tard, à l’âge de 18 ans.

Mes souffrances ne sont pas reconnues, elles ne seront donc pas traitées.  Je deviens une tête de turc, l’enfant « responsable du malheur de ses parents ».  Les coups continuent de pleuvoir; les humiliations, avec leur négation vitale, baignent mon développement et mes espérances d’adolescent.

Vers mes seize ans, je tombe amoureux d’un sourire féminin qui éclaire les rues mal pavées du chemin de l’école.  Mais Folcoche veille ! Elle distille son venin, empoisonne à nouveau mes illusions vitales.  Selon elle, je n’aurais jamais été capable de l’aimer toute une vie, je la rendrais malheureuse…, et toute une litanie de propos destructeurs de cet acabit. C’est un jeu pour elle d’insinuer en son « petit garçon » le doute de lui-même, sans le moindre scrupule. Elle se fait aider dans son entreprise par un petit comité.  Je me laisse à nouveau piétiner. Son truc, c’est le culte de la personnalité.  Nous devons la vénérer, l’adorer, justifier son existence à elle, par notre dévouement total à sa défense, notamment face à notre géniteur et à la famille de ceui-ci, tournée en ridicule.  Et une liste de phrases, entre manipulatrices et déchirantes, nous sont inlassablement serinées : « Vous ne savez pas ce que j’ai souffert !  Vous verrez, quand je serai morte ! Ne venez pas avec de grands mots ! Dites-le, si vous l’osez, que je suis une mauvaise mère ! »

Et c’est vrai, elle a souffert. Nous en sommes convaincus et nous la vénérons comme une déesse : elle est belle, elle est notre mère, tout doit être constamment fait en son honneur, pour la rendre heureuse : nous sommes des enfants parentalisés mais nous l’ignorons. Ses frustrations de femme, ses hurlements hystériques, ses jalousies maladives, ses critiques acerbes envers les femmes  souriantes, sa négativité à propos de tout et de rien, ses airs hautains et dédaigneux, sa froideur, son orgueil, ses exigences capricieuses, ses absences continues de la maison ne nous choquent pas : elle a tous les droits, nous lui devons tout. Nous acceptons les punitions sûrement méritées,  c’est elle qui fixe les normes, qui nous enseigne ce qui se fait, ce qui peut se faire, se dire, comment paraître.  Elle force l’admiration en nous montrant comment acquérir le goût, le savoir-vivre, le savoir-faire, comment nous tenir.  Elle nous montre que nous ne sommes rien si ce n’est par sa grâce, que nous ne savons pas nous comporter, que nous sommes mal-élevés, gros, ingrats.  Nous n’avons pas d’argent de poche et nos petits camarades ne sont pas bienvenus à la maison.

Nous ne connaissons pas l’harmonie de l’amour qui n’a pas ses droits chez nous ni non plus sa vérité, d’ailleurs : nous baignons dans le mensonge à propos de tout mais les menteurs, selon elle, c’est nous, c’est moi. Pour un oui ou pour un non, j’ai droit à des interrogatoires serrés : quels ont été les mots prononcés, les faits, etc.  Donc, je mens. À partir de là, mon errance se transforme en vagabondage. Le poison fait son effet : « alimentez-le de poison, il reviendra s’en nourrir ! »

Depuis l’âge de douze ans, je ne suis plus qu’un enfant perdu. Avant, toujours dans les six premiers de la classe, voici à présent que je ne réussis plus jamais une année scolaire. Ma mère se détourne de moi car l’enfant pré-érotisé la dégoûte. Le sexe la dégoûte.  La masturbation est un péché mortel et elle a des soupçons.  Que son fils ait besoin d’aide, ça ne lui effleure même pas l’esprit.  Lorsque, adulte, je lui rappellerai ces années, elle s’en froissera et me mettra à  la porte.  Ce qui la gêne, c’est que son rejeton ne brille pas par ses résultats scolaires, qu’il lui fasse honte devant ses amies.  L’enfant bien obéissant devient peu à peu un rebelle renfermé qui assume une marginalisation généralisée. Je plonge doucement, à partir de la honte, dans la tristesse, dans le désarroi. Incapable de mettre des mots sur mes états d’âmes, je perds toute confiance dans les adultes.  Je les crains comme la peste, je comprends qu’ils sont dangereux pour ma survie. J’apprends la stratégie du bouclier.

Surtout depuis que ces deux autres camarades d’enfance, victimes du même prédateur,  sont virés de l’école catholique et que mon tour arrive pour le même motif : « homosexualité avec un professeur ».  C’est le comble ! Mon géniteur ne m’a pas défendu, il est d’accord avec « ses chers pères jésuites » : son fils unique est un enfant vicieux !  Pauvre papa si déçu du fils que la Vie lui a donné !!!  Plus tard, il me reniera par trois fois, comme son fameux St-Pierre…  Il s’agit maintenant pour moi d’apprendre à résister.

Peu à peu, la solitude crée autour de moi un no man’s land. Certains condisciples commencent à m’appeler « le fou ». Je ne peux leur donner tort : je n’ai plus de repères, tout s’effondre autour de moi !  L’image de mon amour interdit, Annette, oblitère mon cœur et me ferme une sortie vers la lumière d’un sourire susceptible de me réconcilier avec l’existence, avec l’espérance…  C’est une énorme culpabilisation maintenant qui va, comme un cancer, étendre ses polypes dans toutes mes fibres.  

Je culpabilise envers Annette à qui j’ai confié mon amour, je culpabilise pour ces sottises religieuses dans lesquelles j’ai été conditionné par des irresponsables : leur concept imbécile de péché mortel, état dans lequel je vis puisque je suis un survivant du viol (je serai excommunié), adolescent tourmenté par une sensualité morbide, hanté par le plaisir mécanique ressenti lors des agressions veules. Personne ne m’embrasse, ne me tient dans ses bras, ne me rassure sur le fait d’être aimé.

Cette culpabilisation, cette condamnation au rejet fait encore partie de moi aujourd’hui et continue de me démolir, psychiquement et physiquement. Je culpabilise pour les échecs qui s’accumulent, je culpabilise pour avoir déçu mes auteurs auxquels me rattachent viscéralement les liens fondateurs de mon être-au-monde. Je culpabilise car je suis un incapable, un nul comme disent aujourd’hui les jeunes. Il faudra longtemps avant que j’apprenne que ces bourreaux me culpabilisent eux, pour justifier leur mensonge, pour asseoir une autorité fasciste, pour se faire valoir en société : leur fils a mal tourné, ils sont bien à plaindre…

Je me fais valoir par des coups d’éclat, par ma rebellion : je me fiche de tout, je crâne, plus rien ni personne ne me fait peur, je brave les autorités.  Mais au fond de moi, le venin et le poison font leur œuvre : d’exaltations en désespérances, je perds toute foi, en ai-je jamais eu une au fond de moi, depuis les coups et les viols ?  Mes bravades m’attirent l’admiration de quelques condisciples tandis que les années scolaires perdues, encore et toujours, me discréditent sur tous les fronts.

Je rêve d’une famille, je rêve d’enfants que j’élèverais dans l’Amour.  J’idéalise l’Amour. Mon épouse, rencontrée une première fois lors de mes 20 ans, me le reprochera un jour : mon idéalisation la gêne. Mais elle aura surtout honte d’être l’épouse d’un survivant de la pédocriminalité : « Est-ce que je n’aurais pas dû savoir ça avant de t’épouser ?  Tu es asocial, un danger pour nos enfants ! »

Je lui ai caché que j’avais sombré dans l’alcoolisme après cette tentative de suicide bâillonnée de mes 18 ans. L’alcool qui venait désaltérer l’indifférence d’un cynisme naissant, le désert des sentiments écrasés, l’assassinat de mes espérances les plus naturelles et vitales, les plus minimes, une dignité tuée dans l’œuf, le moindre de mes droits humains, de mes droits d’enfant. 

Mais l’alcool a disparu de ma vie pour toujours et le tabagisme aussi.

Pendant quelques années où je me suis mis à travailler manuellement, j’hésite devant l’alternative de la haine qui me prend aux tripes et qui n’est que la naissance d’une colère légitime, une revendication qui ose pointer le bout de son nez sans se définir vraiment.  Je méconnais la nature de mes blessures, je méconnais leur profondeur et le dommage qui va ruiner ma carrière de vivant.  Je me rabats sur la littérature et dans le communisme.  J’apprends la pensée, la philosophie, le nihilisme, l’existentialisme.  Je découvre la misère humaine, l’existence de la prostitution qui me hante dans le souvenir de mon avilissement précoce mais ancré au plus profond de mon psychisme, dans la mémoire de ma valorisation comme corps objet des satisfactions bestiales d’esprits tordus.

Puis, surprise  ! Un mariage longtemps convoité se concrétise soudain. L’amour me tombe dessus sans prévenir : tout s’arrange, je suis le fils prodigue pour lequel on tuera le veau gras.  On m’habille, on me recommande, j’ai une fiancée exquise et c’est là tout mon nouveau mérite.  Une solution heureuse qui arrange tout le monde. Il semble que me voilà devenu « un homme » digne de ce nom. Les cérémonies du mariage rappellent le ban et l’arrière-ban, le blason familial s’en redore, apparemment.  Je me laisse séduire par ce mirage. 

L’arrivée de nos enfants me donne un courage que je ne me connaissais pas. Je travaille comme vendeur et je gagne bien ma croûte, j’en veux.  Mes tourments sexuels et ma vie nocturne sont loin : je crois au bonheur même si mon couple émet des signaux d’alarme que je ne veux pas exagérer.  Pourtant, mon épouse ne croit pas en moi : elle s’allie avec mes parents, elle ne s’en vantera que bien des années après.  Car elle n’est pas portée aux confidences.  Je lui propose de nous rendre chez un conseiller conjugal : « Va le voir toi, le psy, moi, je ne suis pas folle !! » C’est la douche froide mais je m’accroche. Alors, de nouveau, le fanion de la victoire repasse du côté des géniteurs.  Le règne du mensonge reprend du terrain.  Le petit garçon qui souriait béatement lorsque les sentiments lui étaient interdits, retrouve sa place dans le déséquilibre et la déstabilisation.  Mais j’ai deux enfants qui ont pris la place d’une ancienne religion : je vais me battre contre toutes et contre tous pour un rôle de père qui est devenu tout mon ressort, toute mon idéologie, celle de l’amour pour ces êtres fragiles et dépendants.

Don Quichotte, je m’emballe au creux du tsunami qui ravage mes projets de bonheur. Je pleure. Je pensais n’avoir plus de larmes et voilà que je pleure. Tous les jours, je sanglote devant tant d’indignité, cela dure des mois.  Je suis envahi de migraines ophtalmiques. Je bats le pavé, je fais du porte à porte pour retrouver un job mal payé.  J’ai des dettes.  Je redeviens cet indésirable que personne ne comprend, ne tolère.  Je vis dans une pension où je partage une chambrette avec un alcoolique qui rentre ivre toutes les nuits.  Je n’en ai cure, ça me connaît.  J’ai assez voyagé, de nuit, dans les « bas-fonds ».

Je ne compte pas mes heures, je tue ma solitude.  Je ne m’apitoie pas car mon quotidien s’est libéré de ces personnes dominatrices ou manipulatrices.  Là, au plus bas, je trouve cette assurance qui m’a manqué toujours.  Je forge des rêves et je les construis.  Je ne compte que sur moi-même, je ne suis plus dépendant.  Et cela fonctionne.  Je deviens traducteur, je donne des cours particuliers.  Je porte une cravate et je souris patiemment.  Les offres de travail se présentent avantageuses et, lentement, mon statut s’améliore.  Je déniche un petit appartement où je peux recevoir mes enfants que j’assiste dans leur scolarité. Notre complicité est vivante, belle et joyeuse. Mon fils devra attendre l’âge de 14 ans pour venir dormir à côté de son papa, l’âge légal. Ma fille décide de « ne pas abandonner sa mère ». Qu’importe, nous pouvons enfin nous offrir une semaine de vacances à la mer, à nous trois !! J’apprends à rire de bon cœur…

La destinée m’offre quelques années de prospérité qui me permettent de me remettre à flot. De m’acquitter de mes obligations familiales, de m’offrir un véhicule. Imprudemment, j’ai quelques aventures féminines mais, restant vigilant à l’intérêt prioritaire de mes deux vrais amours, je ne me laisse pas entraîner : il n’est pas question de blesser davantage mes chers petits.

Entre temps, convaincu par le livre de Susan Forward (Parents toxiques), je renoue par le biais  épistolaire avec la grand-mère de mes enfants.  Irréelle entreprise, invraisemblable challenge. La fratrie et mon géniteur réagissent très mal à ces tentatives maladroites, interprétées comme des « assauts ».  Je leur envoie les enfants durant l’été, me privant de mes vacances avec eux, afin de ne pas couper les ponts entre les générations. Je mets ce temps à profit pour travailler encore.  Je monte une petite société, je m’installe.  Avec ma famille parentale, tout ne sera jamais que malentendus et quiproquo, éternellement.  

Les années coulent et les enfants grandissent. Ils passent avec succès et sérénité les examens annuels et je prends conscience de l’importance d’encourager des enfants pour les mener au succès. Je n’oublierai pas cette leçon et chaque jour, je les rassure de mon amour pour eux. Le ménage brisé leur cause néanmoins des difficultés relationnelles mais ils les surpassent peu à peu et ils arrivent à l’université en pleine maturité. 

Je m’inquiète mais sans motif car ils ne manquent pas une seule année. Ils s’épanouissent, ils font du sport. Ils vivent leur jeunesse et s’amusent.  Ils relèvent les défis comme autant de jeux.  Ma vie est presque comblée, je me détends. Nous faisons l’un ou l’autre voyage et c’est une telle fierté pour moi, un tel bonheur de m’amuser avec eux, …ces ballades, ces moments estivals, ces randonnées, ces sorties nocturnes à trois.

Les épreuves ne sont pas finies : chaque jour, tout est remis en question.  Un jour, au cinéma, je visionne un long métrage qui me laisse une saveur amère, sans la comprendre, sans faire les liens.  Un peu plus tard, avec mes deux trésors, nous regardons un film à la télé : un père déjà grand-père est pris sur le fait au moment d’agresser sexuellement ses petites-filles et les mamans, très tardivement,  prennent conscience alors que leur père les avait également agressées dans leur enfance. Je suis pris de sanglots et je vais me cacher dans les toilettes pour ne pas impressionner mes loupiots. Puis, troisième étape, je regarde par hasard un reportage sur TV5 : des enfants victimes et leurs parents honnêtes viennent y témoigner de ce qu’ont représenté pour eux le fait de subir des agressions sexuelles répétées.

Là, l’éclairage est trop brutal : je suis dévasté !! J’appelle immédiatement ma fille et mon garçon, les jeune adultes qu’ils sont comprennent immédiatement de quoi il s’agit. Heureusement car, le lendemain, je tombe en dépression nerveuse clinique, de façon foudroyante…  J’ai pris la mesure de la tare avec laquelle je vis, greffée en moi comme une munition à fragmentations.  J’avais été coupable de tout et, de façon foudroyante, mon statut de victime tarée m’est révélé. De nouveau, je vais tout perdre : travail, estime de moi-même, appartement, cap, identité, entourage.  Je ne veux pas que mes deux chéris me voient dans cet état et je m’en éloigne. Leur appui est inconditionnel, leur tendresse reste constante mais ils doivent vivre leur vie sans la charge d’un père malade.

Je vais toucher des subsides de demandeur d’emploi et retrouver des chambres à louer. Désormais, je ne serai plus jamais capable de partager une vie intime avec personne. Ma reconstruction va durer des années dans la précarité, dans la résignation. Mais il n’est pas question de « démissionner ».  Inspiré par un premier psychiatre, je commence une tâche infinie : reconstituer l’historique de mon cheminement sur cette terre, date de naissance, arbre généalogique, reconstitution des faits.  Je découvre les assos de soutien aux victimes.

Durant leurs réunions, je redeviens le petit garçon d’autrefois : j’écoute incapable d’ouvrir la bouche, de me forger des opinions, je ne sais plus qui je suis ni dans quel monde je suis tombé. Les récits hallucinants de la pédocriminalité organisée me stupéfient.  J’apprends la condition féminine.  Je commence à lire et je me mets à écrire, peu à peu, des nouvelles puis des romans.  Pour l’asso, je pars en mission d’appui pour d’autres victimes comme moi : présence de soutien dans les tribunaux, présence à des conférences avec prises de notes, présence à des manifs, présence dans des comité de soutien, accompagnement en consultation chez des juristes, chez des psychiatres, etc., etc.

Durant de longues années, au milieu d’elles et d’eux, j’apprends et je découvre, stupéfait,  des réalités que je côtoyais depuis l’enfance sans les identifier vraiment : la corruption généralisée, la lâcheté politique, les mœurs dissolues, l’étendue des réseaux, le silence autour des crimes, les tortures et les meurtres d’enfants et de toutes jeunes filles, les manipulations dans la presse, l’omerta, l’implication des « hommes de dieux », les mafias, les arrangements politiques, la manipulation des masses, les jugements iniques, le pouvoir occulte des sociétés dites secrètes.

Tout cela est très dur. Lorsque je vois mes enfants, je veux les mettre au courant, leur donner une petite idée de ces mondes parallèles, de ce qu’a été ma destinée.  Les psys m’y encouragent car il est impérieux de rompre la chaîne du secret entre les générations : elle est cause d’alcoolisme, de folie, de suicides, de malaises inexpliqués…  Mais leur mère, d’éducation conventionnelle, me le reproche et m’agresse verbalement.

J’ai l’occasion d’être présent à l’agonie de mon géniteur. Il parle, il dit sa honte alentour de sa négligence à mon propos mais il ne demande pas pardon. C’est sa manière à lui de s’excuser ? 

Alors, je lui propose de témoigner pour la justice : ils s’énervent, son épouse et lui !! Mais qu’est-ce que je m’imagine ??  Les autres enfants victimes, c’est bien le cadet de leurs soucis !!  Ils craignent l’enquête policière…  Alors, je vais seul, tant d’années après, et je dépose plainte. Les procédures sont longues mais elles aboutissent à de nouveaux aveux du monstre.  Il s’avère qu’il a perverti son propre fils et lui a enseigné à abuser d’enfants.  Je me rends à la cellule pédophilie de la police nationale et je témoigne à nouveau avec tous les renseignements complémentaires que j’ai pu glaner grâce à d’autres courageux qui, lors de mes visites à leur domicile, ont accepté de me confier des noms, des faits, des indices précieux.

Plus je vais et plus je capte la globalité du phénomène.  Dans mes déplacements et recherches de contacts, je me lie d’amitié avec un chef d’enquête qui confirme les nombreux liens existant entre le crime organisé et l’Administration. Des journalistes m’informent au sujet de témoins qui disparaissent mystérieusement avant certains procès.  Dans la magistrature, les ripoux sont présents, je le pressentais depuis longtemps, j’avais été témoin de faits très clairs. Puis, je reçois moi aussi mes premières menaces de mort et mon bureau est fouillé de nuit : on a abattu les portes à coups de hache… 

D’associations en associations, j’en apprends davantage sur nos existences de  victimes, sur nos résiliences, notre résistance, nos souffrances : grâce à ces partages,  je me reconstruis aussi, dans ces solidarités émouvantes, au travers de liens qui s’établissent pour toujours.  J’assiste à des conférences, à des interrogatoires de responsables, à des débats chez SOS Inceste. Puis aussi à de mini-congrès où les victimes qu’on appelle maintenant des « survivants-es » n’ont pas droit à la parole, sauf exceptions spectaculaires choquantes : mises à nus publiquement, elles s’effondrent, chaque fois. Les professionnels acclament leur courage et elles retrouvent le sourire d’avoir bien supporté une nouvelle humiliation, s’imaginant être ainsi reconnues…  Comme cobayes ?

Je me rapproche du féminisme dit troisième mouvement « égalitaire ».  J’étudie de plus près les horreurs que les civilisations patriarcales font subir aux femmes depuis l’antiquité mais qui sont encore perpétrées dans chaque pays, qu’ils se disent démocratiques ou non.  Je pense sans cesse à mes enfants qui, entre temps, ont eu à leur tour une belle descendance. 

Et je m’inquiète pour eux tous. À cause d’eux, pour elles, mes fille et petites-filles, je m’engage dans ce féminisme en comprenant que ce monde doit changer impérieusement et que je dois en être un artisan.  Je dis même publiquement que je ne regrette pas les années noires des viols et de l’ostracisme car ces expériences m’ont permis de me faire finalement une idée précise du monde dans lequel mes fille et petites-filles vont devoir grandir.

Enfin, entre plusieurs, nous montons un premier groupe de parole puis un deuxième.  Je constate avec bonheur le soulagement que l’on peut apporter à des survivantes et survivants au plus profond de leur solitude.  Cette solitude que j’ai trop bien connue pour ne pas savoir parler des souffrances qu’elle entraîne, de l’asphyxie qu’il convient de rompre, de l’espoir qu’il est urgent d’apporter aux victimes isolées.

Alors je me mets à témoigner publiquement, comme ici et maintenant devant vous qui me lisez car, déjà, à la cellule pédophilie de la police nationale, ces personnes exceptionnelles en charge de toutes ces enquêtes, me le disaient : « Le travail le plus efficace en ces matières est la médiatisation et la répétition de votre témoignage autant de fois que vous aurez le courage de le proclamer. »

La nuit suivante de mon difficile déballage final complet auprès d’eux (à qui je communique fidèlement chaque nouvel élément qui tombe à ma portée), j’ai fait ce rêve percutant, ce n’est pas un cauchemar, comme les autres, le voici :

Je suis seul chez moi et, dans un moment de détresse, je découpe la partie supérieure de mon crâne, la calotte cranienne qui est découpée et ôtée. On peut voir mon cerveau à vif et, dans le sang bouillonnant qui circule, mes neurones sont ainsi à l’air.  J’ai un léger vertige de me voir subitement dans cet état et je décide de m’allonger dans un fauteuil.  Là-dessus, mes enfants et ma femme ouvrent la porte et s’effrayent à la vue de mon état, ils s’écrient : « Papa, papa, qu’est-il arrivé ?!?  Vite, vite, on va te soigner !!! »  Mais je réponds alors : « NON, NON !!! Car je veux enfin vivre libre, LIBRE !!... »

À 63 ans, j’ai enfin trouvé la sérénité, je me fais soigner du Syndrome de stress post-traumatique qui m’empêchait d’écrire à la main et qui me provoquait des blocages complets du squelette durant plusieurs semaines ou plusieurs mois, chaque année.  Je prétends vaincre tous mes maux psychosomatiques et j’ai acquis la confiance de l’instant présent.  

Je n’attends rien et je reste prêt à faire face à chaque seconde, tranquillement, au meilleur comme au pire. J’ai trouvé ma place et mon engagement pour le Progrès et la Liberté.  J’ai fait mon deuil de ces besoins d’être chéri.  Je sais, par contre, qu’il y a des gens bien pour qui je compte vraiment. Je crois en la Vie et je trouve merveilleuses les chaînes de solidarité que d’innombrables personnes exceptionnelles animent sans jamais se décourager.

Je réserve un mot final à l’intention des survivantes et des survivants qui me lisent : comme beaucoup d’entre vous, je me suis occasionnellement automutilé, tailladé, brûlé, dans ces crises de violences retournées sur nous-mêmes. J’ai souffert d’halllucinations en plusieurs occasions, sans effet des drogues; ou encore, dans des moments de déstabilisations intenses, je voyais se déformer les murs ou les gens alentour. J’ai pensé parfois perdre la raison et je me disais : « résiste encore jusqu’à la semaine prochaine, au moins jusque demain ! »  Je souffre toujours de vertiges ou de ces oppressions qui interdisent à mes poumons l’accès de l’oxygène.  

J’ai vécu le fantasme de la prostitution et cela m’a poursuivi longtemps, comme il est de notoriété publique que les personnes qui sont conduites à se prostituer sont jusqu’à 86% des victimes d’inceste et/ou de pédocriminalité, dans leur conditionnement terrible d’enfants dépossédés d’eux-mêmes.

Et il importe de souligner aussi que 80% au moins des SDF font partie de ce tiers déshérité de la population mondiale. Il semble même, à plusieurs d’entre nous, que nous n’avons pas droit à gagner de l’argent ou, plutôt, à en recevoir : cela fait partie de la distorsion cognitive, du cancer de la culpabilisation et de l’auto-flagellation qui nous ronge. Le message des prédateurs est toujours là, après des siècles : ils veulent notre humanité annulée, notre place dans l’Univers inexistante; vampirisé/es, nous serions des sans-droits, la honte devrait nous rendre prisionnières et prisonniers de la nuit obscure et nous écraser de silence.

Mais « résister, c’est créer; et créer, c’est résister » !!  C’est à cette tâche formulée par Stéphane Hessel que nous travaillons, nous, survivantes et survivants.  Nos liens entre nous et notre solidarité sont notre victoire. Luttons pour les droits humains, plus pour les droits de l’Homme !

En témoignage, Août 2013. GUMERSINDO GARCIA (Miraflores de la Sierra)

 

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 18:44

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Comment expliqueriez-vous à votre petite fille et à votre petit garçon qu'on les invite à vivre dans un Monde où l'on vend des femmes pour satisfaire les besoins sexuels de quelques personnes qui estimeraient (quelle triste, misérable et injuste justification) ne pas être capable de séduction ? - Il ne s’agit pas de séduire mais d’aimer !! - Comment pourriez-vous vous satisfaire d'une telle explication devant le spectacle de la traite et de l'esclavage sexuel s'épanouissant DANS L’HORREUR, à côté de votre porte ? Même si vous ignorez que 80% des prostituées et prostitués sont des victimes d'inceste ou de pédocriminalité, et si vous saviez déjà que 95% des personnes exploitées sexuellement sont victimes de rapt (souvent mineures) et de tortures infinies, physiques et morales, qu'elles sont toujours trompées et piétinées, comment pouvez-vous ne pas réagir à l'encontre de ces situations épouvantables ? Argumentez-vous de cette manière ou de n’importe quelle autre afin de pouvoir dormir tranquille la nuit face à une telle tragédie ? Ou imaginez-vous que vos enfants vont avaler de telles couleuvres ? Comment ne voudriez-vous pas immédiatement nous rejoindre dans cette lutte humanitaire visant à éliminer le marché de la traite d’être humains et l’exploitation sexuelle ? Comment peut-on s’apitoyer, au nom de la liberté, sur des hommes qui ne sont pas libres dans leur tête, ou qui penseraient que leurs complexes peuvent se résoudre par l'asservissement des femmes ou celui de jeunes prostitués en dérive ? N'avez-vous pas d'autre rêve pour le Monde où vous habitez et pour l'Espérance à laquelle vos enfants ont droit ???

Victor Khagan 2013

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 18:41
"Je vous soutiens à 100%, je me bats depuis plusieurs années en tant que médecin et psychiatre victimologue pour qu'il y ait enfin un enseignement sur les violences et leurs conséquences pendant les études de médecine et pendant la spécialisation en psychiatrie, particulièrement pour les violences familiales et les violences sexuelles qui sont à l'origine dans 60 à 80% des cas de psychotraumatismes. Le corps médical abandonne les victimes d'inceste sans protection (puisqu'ils ne les identifient pas) et sans soins spécifiques, j'essaie de former un maximum de professionnels, mais je suis peu soutenue (voire pas du tout) par l'université et le conseil de l'ordre. En s'unissant toutes et tous, en ne lâchant pas la pression sur les politiques, en médiatisant le plus possible les chiffres sur les violences, leurs impacts, les connaissances en psychotraumatologie. Je passe à France 2 le 9 février sur la résilience. Nous devrions finir par avoir gain de cause ! Avec toutes mes amitiés, mes encouragements et mon admiration pour votre détermination."
Muriel SALMONA.

L'association de Muriel SALMONA a pour mission la prévention des violences, la participation aux recherches sur les mécanismes et les conséquences psychotraumatiques des violences, ainsi que la formation et l'information des publics concernés.

Fondatrice et Présidente : Dr Muriel Salmona, psychiatre - psychothérapeute, médecin-coordinateur responsable de l'Antenne 92 de l'Institut de Victimologie

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